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LE RAMADHAN A MENAA ET SON FLORILEGE DE COUTUMES

(Par Ahmed Felous)
7/07 13h18

BATNA - Le mois sacré de Ramadhan offre, chaque année, l’occasion aux habitants de la ville de Menaâ et des localités montagneuses qui l’entourent de se retremper dans tout un florilège de coutumes ancestrales représentant un héritage profondément ancré dans la mémoire collective.

Il est de tradition dans cette région des Aurès de procéder, dès le premier jour de jeûne, à la "Nefka" (ou "Dbiha"), un abattage collectif de bovins qui seront ensuite équitablement partagés entre nécessiteux, mettant en évidence un acte communautaire séculaire de solidarité et d’entraide en ce mois de piété.

Autre particularité, c’est à Menaâ que le pain à la graisse d’ovin, appelé ici "Aghroum N’dounte" trouve naturellement sa place lors du f’tour pour accompagner l’incontournable chorba frik dont on se délecte après avoir d’abord rompu le jeûne par quelques gorgées de l’eau d’une source, celle de Tharga qui jaillit dans les alentours. Une eau à laquelle on prête certaines vertus, réelles ou supposées, à savoir celles d’ouvrir l’appétit et de faciliter la digestion.

Il n’est pas rare de voir des familles de Menaâ s’inviter à une "seconde mi-temps" de victuailles et de gourmandises après la prière des Tarawih. Le plat le plus prisé à ce moment de la veillée est le "Th’ridh", un plat typique de cette région consistant en des sortes de crêpes très fines que l’on déchiquette avant de les arroser avec un bouillon épicé à base de poulet de ferme, agrémenté de pois-chiches, de fèves et de fruits séchés.

Ce qui prédomine aussi dans les veillées du mois sacré à Menaâ, c’est l’omniprésence de l’animation nocturne, à l’intérieur des foyers comme dans les rues de la ville et ses places publiques, ce qui ne manque jamais de créer une ambiance conviviale et très chaleureuse.

Si les parties de dominos ou de "Rounda" accaparent la gent masculine dans les cafés, les familles choisissent de se réunir aux côtés des plus âgés pour écouter d’anciens contes et légendes, pour jouer ensuite à la Boukala locale appelée "Imaârak" qui se déroule généralement au moyen de questions réponses, ou bien autour d’une "Toumlihat" (la bague), sur fond de joutes orales entre deux équipes en compétition.

Au moment où les femmes préparent le S’hour, qui se compose généralement de "Mesfouf" (couscous très fin) arrosé de miel et de beurre frais, accompagné de l’ben (lait fermenté), les hommes prennent plaisir a fixer l’heure de l’Imsak en observant les constellations des étoiles.

Le mois sacré marque aussi la "réconciliation" des Menaâouis avec l’habit traditionnel. Hommes et femmes, tous âges confondus, "scintillent" dans leurs tenues du terroir qui mettent en valeur le talent et le savoir-faire des artisans et des couturiers de cette ville.

Le mois de Ramadhan reste toutefois, et avant tout, le mois de la foi et du rapprochement du Créateur. L’invocation de Dieu et de son prophète anime le quotidien des fidèles qui accordent une importance particulière aux pratiques religieuses comme la prière surérogatoire (Tarawih), la psalmodie du Saint Coran et des invocations.

L’un des autres aspects marquants de ce mois sacré dans cette ville a trait aux iftars collectifs organisés dans les mosquées et approvisionnés par la majorité des familles qui envoient, chacune selon ses moyens, différents mets.

Evoquant les traditions et les coutumes auxquelles les menaâouis s’accrochent depuis des générations, Abdelmalek Benabbas, Mokadem à la Zaouia de Beni-Abbas, directement rattachée à la tariqâ Kadiria, estime que la célébration du mois de Ramadhan par les familles de la région "reflète leur profonde piété et leur attachement aux préceptes de l’Islam qui reste la religion de la paix, de la tolérance et du partage". (APS)

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