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FEUILLE DE ROUTE POUR "REDONNER VIE" AUX CIMETIERES

13/03 17h59

CONSTANTINE - Véritable lieu de recueillement, espace sociétal et mémoriel, les cimetières se meurent à Constantine, présentant une situation telle que les services concernés ont esquissé une feuille de route pour réhabiliter ce patrimoine funéraire et lui "redonner vie".

Saturation, dégradation, manque d’entretien, empiétement, absence de désherbage, insalubrité et des gens pataugeant dans la gadoue à la moindre goutte de pluie : tout un chapelet de carences "flétrissant" les tombes et la mémoire des défunts.

Mesurant l’état de dégradation de ces lieux, des responsables locaux sont en voie de lancer un programme de réhabilitation tous azimuts de ces lieux avec, en toile de fond, la création d’un nouveau cimetière "totalement différent" des anciens.

Le directeur de l’établissement public communal de gestion des pompes funèbres (EPC GPF) de la commune de Constantine, Abdelmadjid Ameur, affirme qu’un projet d’aménagement d’un nouveau cimetière implanté à la périphérie Ouest du chef-lieu de wilaya est à l’étude et a été soumis au Conseil d’administration.

Mettant l’accent sur une meilleure organisation des carrés réservés aux inhumations, M. Ameur a fait savoir que ce cimetière, prévu pour l’année en cours, bénéficiera d’une "gestion informatisée" associée à un système de numérotation des tombes, en plus d’un projet d’électrification et d’installation de caméras de surveillance pour veiller à son inviolabilité.

En attendant que ce projet voit le jour, le directeur de l’EPC GPF de la commune de Constantine, établissement créé en juillet 2016 et entré en service en janvier 2017, promet de donner "un nouveau look" aux anciens cimetières datant de l’époque coloniale et qui "agonisent" depuis des années.

Il souhaite, à cet effet, que le bitumage des allées de la partie inférieure du cimetière central de la ville et l’élagage des arbres effectué par l’EPC GPF redonnent un aspect moins négligé à cet endroit, en attendant d’autres actions, comme le recensement des tombes pour établir un listing exhaustif des dépouilles inhumées.

Toutefois, ces actions ne peuvent remédier à l’alignement anarchique des tombes, empiétant souvent sur les rares espaces qui subsistent aux visiteurs pour circuler, notamment à cause, affirme-t-on, des "dérogations" délivrées par la commune aux familles désirant inhumer un proche dans un endroit aisément accessible ou à proximité de la tombe d’un autre défunt.

Rideau végétalisé pour dissimuler le vis-à-vis du cimetière de Zouaghi

Cette déliquescence a fait réagir le wali qui a dressé un constat "accablant" dès son arrivée, octobre dernier, et a été essentiellement "consterné" par l’état du cimetière de la cité Zouaghi Slimane, situé sur la voie menant à l’aéroport Mohamed Boudiaf, et dont les tombes surplombent la route. Pour tenter de dissimuler ce vis-à-vis "gênant", les services concernés s’apprêtent à lancer des travaux de réhabilitation en procédant, selon M. Ameur, à la mise en place d’un "rideau végétalisé" constitué d’une bordure de cyprès, ainsi que d’autres travaux de réaménagement.

Avec une subvention communale de 50 millions de DA, l’établissement des pompes funèbres de la ville des ponts envisage également d’entreprendre différentes actions visant à assurer un "meilleur entretien" des cimetières, clôturés et gardés 24 heures sur 24, selon cette même source. En attendant la concrétisation de ce programme d’action, Malika, une sexagénaire dont le visage porte les stigmates d’un deuil récent, trouve l’état actuel du cimetière de Zouaghi "affligeant" où la décadence des lieux accentue, selon elle, l’incommensurable tristesse de la perte d’un être cher. Rejoignant cet avis, Selma, une électronicienne de 43 ans, a fait part, elle aussi à l’APS, de son "immense chagrin" de ne pas avoir pu se recueillir le mois passé sur la tombe de sa défunte tante, au lendemain de son enterrement au cimetière central de la ville, en raison de la pluie qui a rendu la chaussée vaseuse et glissante.

Une moyenne de 12 enterrements par jour

Comptabilisant 11 cimetières musulmans, un chrétien et un juif, occupant une superficie globale d’environ 70 hectares, la commune de Constantine enregistre une moyenne de 12 enterrements par jour, alors que la plupart de ces lieux sont quasi-saturés, selon les services de cette collectivité. En plus de constituer "la dernière demeure" des habitants de la ville, les cimetières de Constantine sont aussi le dernier gîte des relogés de la nouvelle ville Ali Mendjeli, relevant de la commune d’El Khroub, dont bon nombre expriment le vœu d’être enterrés au chef-lieu et ce, "pas seulement par sentimentalisme", souligne-t-on.

Faute de cimetière dans la méga cité d’Ali Mendjeli, plus de 16 ans après le lancement des premiers travaux d’urbanisation, ses locataires, dont 80% ont été transférés du chef-lieu de wilaya, sont contraints d’inhumer leurs défunts à Constantine, a-t-on indiqué.

Selon Lakhdar Benamar, vice-président de l’Assemblée populaire communale (APC) d’El Khroub, chargé de l’administration, il existe certes un terrain, mais il s’est avéré "inexploitable" et trop rocailleux, attestant que les services de la direction de l’urbanisme ont été "instruits" par le wali à l’effet de trouver une assiette plus propice.

Le cimetière de la ville d’El Khroub étant saturé à hauteur de 95 %, M. Benamar a affirmé que le problème est "crucial", d’autant que cette commune enregistre une démographie exponentielle avec ses trois nouvelles entités urbaines (Ali Mendjeli, Massinissa et Ain Nahas), et a besoin de deux terrains pour pouvoir enterrer décemment ses morts et réduire la pression sur les cimetières du chef-lieu de wilaya.

Les services de la direction de l’administration locale dénombrent 104 cimetières dans la wilaya de Constantine, dont 22 dans la commune d’Ibn Ziad qui compte plusieurs mechtas.

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