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LE "MOUAL SRAOUI", UN ART AUTHENTIQUE INCONTOURNABLE

25/10 09h50

SETIF - De toutes les expressions artistiques des hauts-plateaux sétifiens, le Sraoui apparaît comme la plus enracinée dans la société locale, au point que ce genre musical est devenu l’élément incontournable des fêtes de cette région, a estimé le commissaire du festival local de la musique et de la chanson sétifiennes.

En marge de la 10 ème édition du festival de la musique et de la chanson sétifienne, Aissa Djirar a affirmé à l’APS que le chant Sraoui qui rythme les fêtes sétifiennes, est un art authentique qu’on retrouve dans plusieurs pays arabes, tels que le Liban, la Syrie, l’Irak, la Palestine et l’Egypte et qui est de ce fait loin de se limiter à une région particulière.

Il a révélé que le mot Sraoui tirerait ses origines de l’arbre "El Srou" (le cyprès) ou bien de Sraya (montagnes) indiquant que ce genre d’expression artistique remonte à la période antéislamique et a d’abord été l’apanage des femmes qui exprimaient, à la force de leur voix, leurs peines et leurs joies.

Mais au fil du temps, ce cri, sorte de blues répandu dans les régions montagneuses, s’est développé pour porter maintenant divers noms selon les régions, "Achewiq" en Kabylie, "Sraoui" dans les hauts-plateaux ou encore "Moual" dans de nombreux pays arabes.

Ce chant populaire a également été utilisé par les moudjahidine lors de la guerre de libération nationale pour s’adresser des messages codés, chose qui fut magnifiquement portée à l’écran dans le film "patrouille à l’Est" du réalisateur Amar Laskri avec les cris "awe Alikom", Awe Afia", a-t-il poursuivi.

Dans un souci de préserver cet art et ne pas le laisser disparaître, M. Djirar a fait savoir que le ministère de la Culture a décidé que le festival local de la musique et de la chanson sétifiennes changera d’appellation à partir de l’année prochaine pour devenir "le festival national du Moual Sraoui" avec l’intention de l’élever, dès sa deuxième édition, au rang de festival international.

Bien que ces dernières années le Sraoui ne soit plus en vogue, plusieurs artistes algériens continuent tout de même de pratiquer ce genre musical avec brio à l’exemple de Bekakchi El Kheir, Mourad Staifi, Djamila El Annabia, Kamel El Guelmi ou encore Bariza El staifia.

Il reste très prisé par de nombreuses familles des hauts-plateaux lors de fêtes et qu’au même moment une partie de la jeunesse y voit un art qui mérite d’être valorisé davantage.(APS)

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