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LA KHATFA ARTISANALE "RESISTE" A LA PRODUCTION INDUSTRIELLE

9/06 10h27

CONSTANTINE, 8 juin 2018 (APS) - Aliment inéluctable de la "Meïda" (table) du Ramadan, la khatfa-maison (feuilles de brick appelées également diouls) fait de la résistance face à l’emprise des unités industrielles qui grignotent de plus en plus du terrain.

C’est le constat établi par Mohamed, un jeune constantinois vendeur "permanent" de Khatfa, rencontré par l’APS au marché des frères Bettou de Constantine (ex-Ferrando), au milieu des étals de fortune où se "côtoient" diouls traditionnels, galette et "pain maison" (Khobz Edar).

Résidant à la vieille ville, Mohamed prend place chaque matin au sein de ce marché couvert pour écouler ses 3000 diouls environ (3 piles de 1000 chacune), quotidiennement confectionnées par les "femmes ouvrières" de la famille.

Selon ce même vendeur, la khatfa artisanale a encore ses partisans, voire ses consommateurs "inconditionnels" depuis de nombreuses années, seulement, dit-il, "il s’agit aussi de se maintenir sur le marché et de faire face à la concurrence de la khatfa industrielle en offrant un bon produit à la hauteur des attentes des citoyens".

’’A chaque Ramadan, le marché regorge de différentes marques de Khatfa industrielle, la concurrence est donc forcément rude", reconnaît-il, estimant que même si les diouls industriels attirent de nombreux consommateurs, "le produit artisanal continue de résister, notamment grâce à un rapport qualité prix attractif de l’ordre de 70 DA la douzaine de diouls".

Des tarifs défiant toute concurrence à Souika

Quartier emblématique de la vieille ville de Constantine, carrefour des commerçants de tous acabits et des mets traditionnels les plus variés, Souika reste incontestablement le passage obligé de nombreux citoyens en quête de saveurs authentiques, mais aussi de tarifs alléchants défiant toute concurrence.

Ce lieu mythique de la vieille ville regorge de toutes sortes de mets traditionnels savoureux à des prix accessibles pour les ménages aux revenus modestes, notamment la khatfa-maison présente en force à la faveur des nombreux vendeurs qui la proposent à 60 DA la douzaine, contrairement à certaines cités périphériques où la même douzaine est cédée à 80 DA.

Hadja Meriem fait partie des citoyens qui "écument" quotidiennement les ruelles de Souika, mettant "un point d’honneur", assure-t-elle à l’APS, à ramener dans son couffin une douzaine de diouls artisanales, même si, avoue-t-elle, certains de ses enfants préfèrent "le bourek préparé à base de khatfa industrielle".

"Depuis longtemps, j’achète régulièrement des diouls faits maison, pendant et en dehors du mois du Ramadan, pas seulement pour leur goût et leur prix (60 DA), mais aussi parce je sais que ces feuilles de brick constituent le gagne-pain de nombreuses familles, où des mères, leurs filles et autres s’affairent durant de longues heures à confectionner", a-t-elle confié.

De l’avis de plusieurs citoyens, pour préserver cette activité traditionnelle, la qualité et le prix proposés restent les maitres mots pour fidéliser une clientèle exigeante, mais aussi pour faire face à des producteurs de khatfa industrielle qui investissement de plus en plus ce créneau.

Les dioul industriels ont aussi leurs adeptes

La wilaya de Constantine compte actuellement six unités de fabrication de khatfa industrielle dont deux nouvellement créées, implantées au chef-lieu de wilaya, à El Khroub et Hamma Bouziane, a affirmé à l’APS Abdelghani Bounaâs, chef de service de protection du consommateur et de la répression des fraudes à la direction locale du commerce.

Ce même responsable a, également, indiqué que ces unités sont soumises à un contrôle périodique des services de la direction du commerce, précisant, qu’à ce jour, les brigades de contrôle n’ont relevé aucune infraction à la réglementation en matière de qualité.

Omniprésentes et proposées dans différents commerces, de l’alimentation générale aux boucheries jusqu’aux étals de fruits et légumes et de produits laitiers, les dioul industriels, vendus à 80 DA la dizaine, ont également leurs partisans au même titre que la khatfa artisanale et d’autres produits alimentaires traditionnels comme la galette.

Très recherchée, pour sa part, essentiellement durant le mois du Ramadan, l’incontournable galette est pratiquement tout autant adjurée par les citoyens que les feuilles de brick, en étant proposée désormais partout dans les alimentations générales ou même dans des magasins.

Cédée entre 60 et 80 DA, fine ou à base de levure, la galette fait actuellement de plus en plus d’émules, notamment à travers des "partenariats" conclus entre certains commerçants et des ménagères qui les fournissent régulièrement en galette, le matin et en début d’après-midi.

A ce titre, la Chambre de l’artisanat et des métiers (CAM) de la wilaya de Constantine a enregistré, au 31 mai 2018, pas moins de 209 artisans activant à domicile et spécialisés dans la fabrication de mets culinaires traditionnels comme Chakhchouhka, Trida, Bradj, R’fiss, galette et khatfa, a-t-on appris auprès de cet organisme.

Ces artisans sont affiliés sur la base d’un simple test de qualification qui leur permet par la suite d’obtenir une carte d’artisan en vue de créer leurs propres ateliers ou entreprises, et ce, dans le cadre de la revalorisation de l’activité traditionnelle et la production artisanale. (APS)

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