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le musee de Dechrat Ouled Moussa, un rempart contre l’oubli
samedi, 3 novembre 2018
/ nedjar

BATNA- Le musée de Dechrat Ouled Moussa au pied du mont Ichemoul (Batna) représente un rempart contre l’oubli, rappelant que ceux qui ont déclenché la Révolution de novembre 1954 étaient passés par là.

Le musée est d’une grande valeur historique et "sentimentale" car concentrant l’âme qui traverse la région d’Arris jusqu’à Oued Abdi pour embrasser l’ensemble des Aurès, déclencheur de la révolution libératrice, a estimé le secrétaire de wilaya de l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM), El-Abed Rahmani. Ce lieu qui est la maison des Ben Chaïba, tire sa "vénération" du fait d’avoir accueilli la nuit du 1er novembre 1954 sous la direction du chahid Mostefa Benboulaïd la réunion de remise des armes aux tout premiers groupes de moudjahidine chargés d’attaquer des cibles militaires françaises en annonce du déclenchement de la glorieuse révolution libératrice, ajoute ce moudjahid les yeux noyés dans des larmes. Un des rares participants à cette réunion encore en vie, Amar Ben Chaïba, plus connu par Ali, assure, dans une déclaration à l’APS, que le choix de cette maison a été en rapport avec sa position stratégique dominant les forêts d’Arris les voies desservant diverses localités des Aurès. A mi-chemin entre Arris et Ichemoul, ce lieu qui permettait d’avoir un œil sur toute la région et de déceler le moindre mouvement garantissant le caractère secret de la rencontre présidée par Benboulaïd accompagné de Bachir Chihani, Adjel Adjoul, Mostefa Bousseta, Abbas Laghrour et Medour Azzoui et en présence d’environ 400 moudjahid, ajoute ce moudjahid, survivant miraculé de l’explosion qui avait couté la vie au chahid Mostefa Benboulaïd (1917/1956).

— Des visiteurs à longueur d’année et pendant les occasions nationales—

Accessible par une voie plutôt escarpée et difficile particulièrement en hivers, Dechrat Ouled Moussa est devenue après l’indépendance une icône entourée de 64 ans après le déclenchement de la révolution de libération d’une aura quasi-religieuse. Beaucoup d’universitaires éprouvent même un immense plaisir à retourner vers ce site où "chaque pierre semble avoir quelque chose à dire", confié Mouncif Rabiï, étudiant en histoire rencontré par l’APS au musée de Dechrat Ouled Moussa. A l’instar des autres hauts-lieux de l’histoire, ce site constitue un phare qui guide par sa lumière les générations futures. D’une voix rêveuse, Mouncif affirme avoir visité plusieurs fois ce lieu et à chaque fois, assure-t-il, "j’ai l’impression de suivre les pas de Mostefa Benboulaïd et ses compagnons se dirigeant vers la porte de la maison devenue musée durant la soirée du déclenchement de la révolution". Selon Abdelkader Boubidi, président de la commune d’Ichemoul dont dépend le musée, ce lieu attire durant toute l’année des chercheurs, des étudiants et des écoliers en voyages organisés en plus des groupes de touristes nationaux et étrangers. Inauguré en 2003 par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, le musée comprend une salle d’exposition de documents, de photos, d’effets vestimentaires de moudjahidine, des armes de l’époque, des munitions et des grenades. Un autre pavillon est réservé aux contributions des femmes durant la révolution dont Aldjia Sellaoui originaire d’Ichemoul et mère de trois chouhada. Le musée occupe une superficie totale de 7.415 m2 et comprend également une bibliothèque, une salle de conférence et une fresque géante rassemblant les noms de plus de 1000 martyrs des localités d’Arris, Ichemoul, Tighanimine et Foum Toub. Une plaque en marbre portant les noms des six chefs historiques présents à la réunion à leur tête Mostefa Benboulaïd est exposée dans ce musée occupant la vaste demeure des Ben Chaïba qui comprend en tout 20 chambres et trois cours. Une opération de restauration de ces anciennes constructions sera "prochainement" engagée à l’initiative de la wilaya de Batna. Pour le moudjahid Mohamed Bayouch qui faisait partie du groupe chargé d’attaquer la caserne de la ville de Batna la nuit du 1er novembre 1954, ce lieu mérite tout le soin qui lui est accordé et doit être préservé pour la postérité au regard de son importance pour la mémoire de la révolution de libération algérienne dans la région des Aurès, mais aussi dans toute l’Algérie.« »